L'Afrique de toutes façons

Liste des épisodes

En Afrique, les femmes savent être à la fois conquérantes et solidaires.
Conquérantes pour s'organiser et produire. Lorsque l'état n'existe plus et que l'environnement familial est en danger, la femme Africaine prend les choses en main. Elle entreprend. Elle se regroupe pour cultiver sa terre, elle fonde une coopérative pour pêcher et transformer, puis vendre le poisson, elle crée des entreprises artisanales pour valoriser la production nationale de coton et affirmer ainsi son identité.
Mais l'originalité et la force de la femme Africaine réside dans l'équilibre qu'elle seule sait établir entre la nécessité d'entreprendre et l'obligation de solidarité qu'elle s'impose envers les siens. Solidarité financière avec les tontines du Cameroun, partage du travail dans les coopératives de pêche du Sénégal, allégement des tâche ménagères avec les petites unités artisanales du Burkina Faso qui réservent par ailleurs le travail aux femmes défavorisées.

Les femmes s'organisent

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En Afrique, les femmes savent être à la fois conquérantes et solidaires.
Conquérantes pour s'organiser et produire. Lorsque l'état n'existe plus et que l'environnement familial est en danger, la femme Africaine prend les choses en main. Elle entreprend. Elle se regroupe pour cultiver sa terre, elle fonde une coopérative pour pêcher et transformer, puis vendre le poisson, elle crée des entreprises artisanales pour valoriser la production nationale de coton et affirmer ainsi son identité.
Mais l'originalité et la force de la femme Africaine réside dans l'équilibre qu'elle seule sait établir entre la nécessité d'entreprendre et l'obligation de solidarité qu'elle s'impose envers les siens. Solidarité financière avec les tontines du Cameroun, partage du travail dans les coopératives de pêche du Sénégal, allégement des tâche ménagères avec les petites unités artisanales du Burkina Faso qui réservent par ailleurs le travail aux femmes défavorisées.

La transition démocratique au Bénin

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Cotonou, Bénin 1990.
Depuis plus de dix années les syndicats d'enseignants et d'étudiants contestent le régime du président Mathieu Kérékou, au pouvoir depuis 17 ans. L'année précédente, le monde communiste qui cautionnait le régime s'est effondré et, à Paris, l'ancienne puissance coloniale qui assurait parfois les fins de mois a fermé les robinets.
Pour la jeunesse Béninoise, trop, c'est trop. Et à l'image de leurs frères Algériens deux ans auparavant, ils vont défier le pouvoir contesté dans la rue. A partir de là, tout va aller très vite. Réunies en conférence nationale les forces vives de la nation vont imposer un premier ministre au Président Kérékou, la mise en place d'une constitution et la tenue d'élections libres. Au terme de 16 mois d'une transition difficile, mais exemplaire, le Premier Ministre Nicéphore Dieudoné Soglo est élu chef de l'Etat. Mathieu Kérékou accepte sa défaite. Pour superviser cette cohabitation inédite, que l'on nommera transition démocratique, un homme d'exception : Le Cardinal Isidore De Souza

La femme pilier de la famille

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La Femme Africaine représente 60 à 65 % du travail réalisé sur le continent. C'est énorme. Et elle est partout à la fois. La maison et les enfants, bien sûr, sont sous son entière responsabilité, mais pour mener a bien sa fonction de mère, elle doit d'abord exécuter des corvées incontournables: le bois, l'eau... La santé et l'école des enfants, c'est encore elle.
Mais la femme Africaine est aussi un acteur économique. Et quand les hommes désertent le village pour chercher du travail à la ville ou dans le pays voisin, c'est elle qui s'occupe des champs avec les vieux. Quand les hommes font la guerre, elles assument la relève et, bien souvent imposent la paix.
L'Afrique assurément, comme nous le dit l'écrivain Calixthe ßéyala, est un continent féminin.

Le multipartisme en Côte d'Ivoire

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Comme presque partout sur le continent à la fin des années 80, les jeunes Ivoiriens contestent le pouvoir. Aux commandes depuis l'indépendance, le Président Félix Houphouet Boigny, aujourd'hui décédé, doit s'incliner et accepter le multipartisme. Mais en bon stratège, il comprend très vite qu'il doit réagir. En toute hâte, il organise et remporte des élections. Prise de court, l'opposition en est réduite à dénoncer les fraudes... et accepter le verdict.
Mais s'il se concède, le multipartisme ne se décrète pas car il a une histoire. En Cote d'Ivoire comme dans beaucoup d'autres pays d'Afrique, c'est l'indépendance qui a instauré le régime de parti unique. Et aujourd'hui, à force de révoltes et de privations, les peuples finissent par retrouver les libertés perdues.

Mali : l'histoire d'une révolution

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Au Mali, ni la longévité du dictateur ( 23 ans de règne ) ni la répression, ni la torture et la prison ne sont parvenus à décourager la contestation. Surtout celle des jeunes et des intellectuels. Et, courant 90, ce sont encore les jeunes et les intellectuels, vite rejoints par les femmes - les plus sensibles à l'injustice nous dira le cinéaste Check Omar Cissoko, qui descendent dans la rue pour exiger la démission du Président Moussa Traoré.
Après des mois d'un cycle infernal de manifestation - répression et plusieurs centaines de morts, le Lieutenant Colonel Amadou Toumani Touré - ATT pour les intimes, en accord avec les forces démocratiques, dépose le général président le 26 mars 91. Il est porté en triomphe. Durant 15 mois d'une transition exemplaire, il réhabilitera l'idée et la démarche démocratique avant de céder la place, le 8 juin 92 au président élu : Alpha Oumar Konaré.

La terre est riche

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La terre Africaine est riche.
Située de part et d'autre de l'équateur elle peut produire toute l'année et nourrir toute la population du continent même si celle ci continue d'augmenter. Et pourtant l'Afrique, jadis autosuffisante, importe aujourd'hui 40 % de sa subsistance.
Alors que se passe-t-il? Le paysan Africain sait et peut produire. Il peut même obtenir de bons rendements, pour peu que nous lui facilitions l'accès aux nouvelles techniques de production. Mais ses deux adversaires principaux ne dépendent pas de lui. Dans la plupart des cas les routes et les réseaux de commercialisation pour écouler la production n'existent pas et les populations des villes, de plus en plus nombreuses se sont habituées à consommer des produits d'importation.

Les femmes d'affaires

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En Afrique, dans les pays côtiers, le commerce est essentiellement féminin. Mais si les femmes ont le sens des affaires, elles ne s'en contentent pas, loin de là. Les cinq exemples que nous avons choisi de vous montrer sont emblématiques de la détermination des femmes à gagner leur place aussi bien dans le système économique que dans le monde politique.
En Côte d'Ivoire, Madeleine Tchicaya Yao se lance dans l'agriculture après avoir été chef d'entreprise et diplomate. Au Togo, Dédée Sodji contrôle le marché sous régional de la cigarette et ses collègues, Madeleine Aduayom et Lydia Adenlété, après un fort honorable cursus à l'université, ont repris avec bonheur les sociétés d'import-export de leurs mères. Toutes les trois soutiennent ouvertement le processus démocratique. Au Mali, Rahmata Dia, jeune journaliste sans tabou crée le premier journal satirique du pays.

Libertés et droits de l'homme au Togo

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Victime de la guerre froide et otage des puissances occidentales durant plus d'un quart de siècle, l'Afrique se réveille. Mais au Togo, le bras de fer entre l'opposition démocratique et les tenants de la guerre civile durera deux années. Les tenants de la guerre civile, c'est ainsi que le responsable de la ligue des droits de l'homme désigne la mouvance présidentielle dirigée d'une main de fer par le Général Eyadéma.
Entre le clan du président et l'opposition, la lutte sera sanglante mais inégale. Soutenu par sa garde présidentielle et l'ancienne puissance coloniale, le président Eyadéma reniera les uns après les autres tous les engagements qu'il avait été contraint de prendre quelques mois plus tôt lors de la conférence nationale chargée d'établir les règles d'une transition consensuelle vers la démocratie.

Entreprendre au Sénégal

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Se lancer dans l'aventure industrielle au Sénégal, un des pays les plus pauvres du monde, est un véritable pari. Les banques font plus facilement confiance à un Européen qu'à un Sénégalais, le crédit est cher, les voies de communication rares et le tissu industriel inexistant. Mais c'est aussi un pari sur l'avenir car au niveau de Afrique de l'Ouest, c'est à terme un marché intérieur de 200 millions d'habitants qui reste à conquérir.
C'est ce pari sur l'avenir qu'a osé Youssoufa Wade en rachetant la conserverie de thon qu'abandonnait le Français Saupiquet. C'est ce pari qu'a choisi Idrissa Seydi, ce self-made-man, industriel et financier qui, depuis 30 ans, ne cesse de croire en son pays. Aujourd'hui à la tête de plusieurs entreprises au Sénégal, il commerce depuis toujours avec les pays voisins et ne craint pas de s'associer à un Sud Africain pour investir au Mali.

Réussir en Afrique

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En Afrique, réussir a un synonyme : l'audace. L'audace que l'entreprise corresponde à un besoin et, bien sûr, croire à son affaire. C'est essentiel. Jeunes, vieux, créateurs, industriels, commerçants... tous les Africains que nous avons rencontrés réussissent dès lors qu'ils osent et qu'ils croient en eux, en leur capacité de porter un projet et de le mener a bien.
C'est sûrs de leur bon choix et forts de leur conviction, qu'un créateur Malien, un vieux commerçant opiniâtre et un jeune cadre Sénégalais et ambitieux sont parvenus "au top".
Parti de rien, le styliste Chriss Seydou, a travaillé a Paris chez les plus grands de la haute couture avant de rentrer créer sa propre griffe en terre Africaine. Chriss nous a quitté aujourd'hui, mais il a montré la voie.
Arrivé il y a plus de trente ans à Dakar sans le sous, le Toucouleur Bocar Samba Ndieye habite toujours dans une maison modeste, mais il commerce avec le monde entier sans jamais avoir appris une langue internationale et les banquiers lui déroulent le tapis rouge, puisqu'il est l'une des plus grandes fortunes de son pays. Pressé, son cadet, Mame Sarr, crée son entreprise sans même terminer ses études et il ambitionne déjà de pourvoir toute l'Afrique de l'Ouest en crème glacée.

Nigéria : Ressources à gérer

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Pas facile d'être riche. C'est le paradoxe amer qu'a dû faire le Nigeria, lorsque dans les années 70 des dizaines de millions de pétrodollars ont bouleversé le rythme et la nature du développement du plus grand pays d'Afrique de l'Ouest. Face à un marché intérieur inexistant et un pays insuffisamment structuré, cette manne financière a complètement déstabilisé l'économie et corrompu la politique. La suite s'est égrenée comme une litanie de dysfonctionnements majeurs : importations démesurées, chute exponentielle de la production agricole, exode massif des paysans vers la ville, accroissement non maîtrisé de la consommation, mais aussi de la corruption, de la délinquance, du marché noir, de la fraude....
Et, malgré tout ces avatars, dans le chaos parfois, le Nigeria est peut-être en train de réussir sa reconstruction. Rien d'étonnant, car il possède les hommes compétents, et les richesses, presque infinies, pour s'assurer de devenir demain un des géants de l'Afrique.

Richesses : Privations sous surveillance

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Au tournant du siècle, l'économie Africaine se trouve devant un dilemme de taille dont elle n'a pas nécessairement la maîtrise. Faut-il, pour sanctionner une poignée de dirigeants autoritaires, incompétents et corrompus, privatiser sans retenue le patrimoine national au risque de fragiliser un état encore en voie de construction et une nation en pleine édification?
Le fond monétaire international et la banque mondiale, qui conseillent beaucoup et payent un peu, répondent avec un oui majuscule. Les dirigeants Africains, quand à eux, se débattent entre le "oui" de principe et le "mais" des modalités pour essayer d'exister dans une économie mondiale qui ne leur laisse que bien peu de place.
Pour illustrer ce combat, nous avons choisi de vous présenter deux exemples : l'Histoire d'Édouard Ekoto Etondé, numéro 1 Camerounais de la banane, comme il se définit lui même, et président des producteurs Africains de fruits, et l'expérience extraordinaire de réussite et de gâchis d'Amélie, la mangue du Mali.

Indépendance : Lumumba à la conquête des richesses

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L'Afrique qui ne compte qu'1/10 ème de la population mondiale possède par contre 1/5 ème des richesse naturelles de la planète. Et pourtant, pris dans son ensemble, le continent Africain reste le plus pauvre. Le plus en marge de l'économie mondiale.
En dehors des raisons historiques, il en est une, contemporaine, qui accuse l'ancien colonisateur, quel qu'il soit : depuis la période des Indépendances jusqu'à nos jours tous les leaders nationalistes qui entendaient conduire un processus de réappropriation des richesses, matérielles ou culturelles de leurs pays furent écartés du pouvoir, souvent par la force, selon un processus devenu immuable. Les troupes étrangères de l'ancienne puissance coloniale débarquent et, sous couvert de protéger leurs ressortissants et de restaurer la paix, elles installent un fantoche au pouvoir qui sera chargé de défendre ses intérêts. Pour illustrer cette démonstration, nous allons vous présenter l'histoire de Patrice Lumumba.En 1960, Patrice Lumumba est un intellectuel nationaliste qui vient juste de créer son parti. Les premières élections générales, encore organisées sous l'autorité de l'ancienne puissance coloniale qui entend par ce geste se désengager du Congo, devenu depuis le Zaïre, ne dégagent aucune majorité nette. Dans le flou, Patrice Lumumba est chargé de former un gouvernement. Pour son investiture, il tint un discours qu'une majorité de leader Africains auraient pu tenir : Indépendance politique, indépendance économique, indépendance culturelle. C'est ce discours à la fois naïf, réaliste et élémentaire que le colonisateur Belge ne supportera pas.
A partir de là les choses vont aller très vite. Pour discréditer le tout nouveau régime, on crée des troubles. Pour le menacer on fait débarquer l'armée coloniale sous couvert de protéger ses ressortissants et pour le déstabiliser on encourage la partition du pays. Enfin pour l'éliminer on traite avec un fantoche qui sera chargé d'achever la besogne et plus tard de veiller à bien protéger ses intérêts. Maintes fois tenté par les anciennes puissances coloniales, ce scénario ne réussit pas à tous les coups. Mais Patrice Lumumba reste un exemple pour la jeunesse Africaine.

Identité : revenir à soi

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Pour exister, l'Afrique doit d'abord retrouver ses valeurs, son identité. Elle doit arrêter de singer les occidentaux, ne plus courir après un hypothétique développement par mimétisme. Elle doit cesser de se prostrer, de s'agenouiller, de ramper devant les puissants de ce monde.
Pour exister l'Afrique doit revendiquer son passé, son histoire et sa mémoire. Elle doit le conter a ses enfants, l'enseigner au monde. A partir de cette étape indispensable, elle sera en mesure de tirer le meilleur profit des découvertes technologiques que l'Occident peut lui apporter. Le développement, l'industrialisation, les grands équilibres ne viendront qu'après. Mais ils viendront de toute évidence, et, dans ces conditions, ils auront un sens.
Élémentaire? Voilà en tous cas ce qu'une bonne dizaine d'Africains, intellectuels, artistes, créateurs, responsables politiques...ont tenu à nous dire. Avec beaucoup de force et une immense émotion.

La jeunesse Africaine

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On ne le dira jamais assez, l'Afrique est le continent le plus jeune. 70 %, nous dit le cinéaste Malien Cheik Omar Cissoko, a moins de trente ans. La jeunesse, c'est la principale force de l'Afrique. Une jeunesse qui, comme partout dans le monde, se sent mal aimée parce que les adultes ne savent pas l'écouter. Une jeunesse qui vit le conflit des générations avec des handicaps que d'autres ne connaîtront jamais. Huit jeunes sur dix n'iront pas à l'école et sur les huit qui n'auront pas le privilège d'y aller, six d'entre eux étudieront leurs leçons à la lueur d'un lampadaire ou d'une lampe à pétrole s'ils sont en brousse, car l'électricité est encore réservée aux quartiers chics des seules villes.
Et pourtant, les jeunes Africains se battent. S'ils dénoncent l'injustice, ils refusent la fatalité. Ils inventent, ils créent, ils s'organisent. Ils se débrouillent. Pour leur liberté et dans la dignité. Ils ne menacent personne, ils revendiquent leur place, mais si le monde ne sait pas les écouter, ils se chargeront de l'interpeller. Avec les moyens qu'on leur abandonne : la rue.

Education de base : la manière africaine

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Comme partout dans le monde, l'école Africaine doit former des citoyens. Des femmes et des hommes capables d'intervenir plus tard dans le processus de développement. Elle doit aussi se préoccuper de la santé des enfants, de l'hygiène, de la nourriture. Mais elle doit faire cela sans moyens. Pas de livres, pas de cahiers, pas de classeurs, pas de tables....et souvent pas d'écoles, les élèves s'asseyant alors par terre, sous un manguier, et se déplaçant en même temps que le soleil pour en conserver l'ombre. Elle doit aussi jongler avec toutes les incertitudes du lendemain: Former les futurs citoyens, c'est bien, mais pour quoi faire? Y aura-t-il du travail pour tout le monde?
Prenant le problème à bras le corps, responsables et enseignants tentent d'ouvrir l'école Africaine sur son milieu, y enseigner l'agriculture, les métiers de l'artisanat et surtout y enseigner sa propre culture, apprendre à connaître son pays, à aimer sa terre.

Un plan Marshall pour l'Afrique?

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Depuis l'effondrement du communisme dans les pays de l'ex URSS et en Europe de l'est et centrale, l'Afrique se sent de plus en plus oubliée par les pays riches. Et c'est vrai qu'en deux jours de négociation, la seule Pologne peut obtenir davantage que le continent Africain en une année. Impensable mais vrai.
Et c'est cette démesure qui pousse de nombreux responsables Africains, intellectuels et politiques confondus, à donner de la voix pour réclamer un plan Marschall pour l'Afrique par référence à l'aide Américaine à la reconstruction de l'Europe après la dernière guerre.
Bien sûr des différences existent. L'Europe possédait une économie, des infrastructures en partie détruites qu'il convenait de reconstruire, ce n'est que très faiblement le cas de l'Afrique. Mais l'analogie est pertinente à deux niveaux. Si tous les pays riches donnaient simultanément et de manière concertée 1% de leur PNB, comme le firent les États Unis d'Amérique en 1944, le développement du continent Noir serait alors possible. Et les retombées pour les entreprises des pays donateurs seraient certainement de nature à inverser les statistiques du chômage.

Démocratie à l'Africaine

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C'est Jean Marie Adiaffi, écrivain et philosophe Ivoirien qui pose la question préalable. Pourquoi le peuple Africain ne serait-il pas mûr pour la démocratie, sous prétexte qu'elle serait blanche, et serait-il mûr pour la religion chrétienne, qui est encore plus blanche? Y a-t-il oui ou non des valeurs universelles?
Oui affirment en choeur nos interlocuteurs. La preuve, selon l'enseignant Ivoirien Tiburce Koffi, c'est que la démocratie existait dans toutes les cultures traditionnelles Africaines et c'est la France qui a imposé le parti unique lors de l'indépendance.
Et la sociologue Burkinabè, Joséphine Ouédraogo, de poursuivre par une autre interrogation : "Pourquoi l'occident, qui s'est si bien accommodé des dictatures pendant trois décennies, nous impose-t-il aujourd'hui la démocratie? Que cherche-t-il donc?"
D'ailleurs, nous dit la Tanzanienne, Annar Cassam, en réponse au Camerounais, Edouard Etondé Ekoto, un parti unique peut très bien respecter la pluralité des opinions et générer, construire la démocratie.
Et le poète Malien de conclure :" il n'existe pas un chemin qui conduit à la démocratie mais chaque peuple doit inventer sa voie en fonction de son génie propre".

L'exemple du Ghana

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Le Ghana a été un des premiers pays Africain à accepter, dès 1983, d'appliquer les programmes d'ajustement structurels du Fond Monétaire International. Il n'avait pas vraiment d'autre choix. Ruiné par une décennie de corruption, de détournements, de pillages en tous genres et de laisser aller; l'État n'existait plus, les magasins étaient vides, tout comme les poches des Ghanéens qui désertaient massivement le bureau et l'usine. Bref plus rien ne fonctionnait.
11 ans plus tard, l'équipe du Président John Jérry Rawlings est légitimement fière de ses succès économiques : la machine industrielle est remise en route et les investisseurs, de nouveau, accordent leur confiance au Ghana. Mais la fierté du labeur accompli n'exclut pas l'inquiétude. Si l'autorité de l'État est restaurée, si les Ghanéens ont retrouvé la confiance perdue dans leur pays et leur propre capacité d'entreprendre, des limites déjà apparaissent. Jusqu'où la démocratie multipartidaire imposée à l'Afrique par l'Occident ne favorisera pas le retour de vieux démons tels la corruption, l'ethnicisme... et surtout, la privatisation des principales ressources nationales? Ne va-t-elle pas renforcer encore davantage la dépendance de l'économie Ghanéenne envers le marché mondial?