Depuis sa fondation, Via le Monde entretient un lien privilégié avec les émissions destinées aux jeunes. Bien avant que l’on parle d’éducation à la citoyenneté mondiale ou d’ouverture à la diversité culturelle, nos productions invitaient déjà les enfants et les adolescents à découvrir d’autres peuples, d’autres façons de vivre et d’autres regards sur le monde.
Cette histoire remonte à l’arrivée de Daniel Bertolino au Canada, en 1967.
Une aventure qui inspire toute une génération
Avant de s’établir au Québec, Daniel Bertolino vient de réaliser un extraordinaire tour du monde pour la télévision française. Avec Nicole Duchêne, il parcourt les cinq continents dans le cadre de l’émission Caméra Stop, diffusée par l’ORTF. Chaque semaine, les voyageurs expédient leurs films vers Paris où ils sont développés, montés et présentés au public français.
À une époque où voyager demeure un privilège exceptionnel, cette aventure captive des milliers de jeunes téléspectateurs. Ils découvrent, semaine après semaine, des paysages inconnus, des cultures lointaines et une manière nouvelle de regarder la planète. Pour beaucoup, ce sera la première invitation à rêver d’ailleurs.
En arrivant au Québec, Daniel Bertolino apporte avec lui cette expérience unique.
Radio-Canada comprend rapidement le potentiel de cette approche. La télévision publique lui ouvre ses portes, d’abord par l’intermédiaire de son département des émissions jeunesse. Très vite naissent des collaborations à la radio comme à la télévision, notamment avec des émissions telles que Jeunesse sans frontière et Plein feux sur l’aventure, qui invitent les jeunes à découvrir le monde autrement.
Les enfants racontent le monde
Au fil de ses tournages internationaux, Daniel Bertolino constate que les enfants constituent souvent les meilleurs ambassadeurs de leur propre culture. Ils jouent, apprennent, travaillent parfois, rêvent toujours, et permettent de comprendre une société avec une spontanéité que les adultes perdent souvent.
De cette intuition naît l’une des séries les plus marquantes de Via le Monde : Les Amis de mes amis.
À travers ces documentaires tournés sur plusieurs continents, les jeunes Québécois découvrent des enfants de leur âge vivant dans des réalités très différentes de la leur. Sans exotisme ni jugement, la série montre simplement la vie quotidienne : la famille, l’école, les jeux, les traditions, les responsabilités, les espoirs.
Le message est simple mais puissant : derrière les différences, les enfants partagent les mêmes aspirations.
Cette approche donnera naissance à plusieurs autres productions qui feront de la jeunesse l’un des grands axes de création de Via le Monde.
Grandir en découvrant les autres
Au fil des années, de nombreuses séries poursuivent cette même mission.
Parmi elles :
- Les Amis de mes amis
- Au coin de ma rue
- De jeunes en jeunes
- Ma maison
- Écoute ma musique
- Les Légendes du monde
Chacune, à sa manière, ouvre une fenêtre sur d’autres cultures, d’autres familles, d’autres traditions et d’autres façons d’habiter la planète.
L’objectif n’est jamais de montrer un monde lointain ou exotique, mais de développer la curiosité, le respect et la compréhension de l’autre.
L’éducation comme moteur de changement
L’engagement de Via le Monde dépasse toutefois les productions destinées aux enfants.
Au fil des décennies, plusieurs documentaires abordent directement les grands enjeux de l’éducation, au Québec comme ailleurs.
Les œuvres consacrées à Paul Gérin-Lajoie rappellent le rôle déterminant de ce bâtisseur dans la démocratisation de l’éducation et dans la coopération internationale.
D’autres productions comme Éducation option 2000, Terre comprise ou Agenda pour une petite planète explorent les défis d’une éducation tournée vers le développement durable, la solidarité internationale, la participation citoyenne et la préparation des nouvelles générations aux grands enjeux du XXIe siècle.
À travers ces films, Via le Monde défend une conviction constante : l’éducation demeure l’un des plus puissants leviers de transformation des sociétés.
Une ouverture sur le monde qui prend aussi la forme de la fiction
L’aventure jeunesse de Via le Monde ne se limite pas au documentaire.
À la surprise de plusieurs, Daniel Bertolino est également à l’origine de la production canadienne de la série Astro, le petit robot, qui permet à de jeunes téléspectateurs de découvrir une œuvre internationale adaptée pour le public canadien.
Cette incursion dans la fiction jeunesse illustre la volonté constante de rejoindre les enfants par différents langages, toujours avec le même objectif : éveiller leur curiosité et nourrir leur imaginaire.
Une histoire qui mérite d’être racontée
L’histoire des productions jeunesse de Via le Monde demeure encore largement méconnue. Pourtant, elle accompagne l’évolution de la télévision québécoise depuis plus d’un demi-siècle et témoigne d’une époque où les émissions destinées aux jeunes cherchaient avant tout à ouvrir des horizons.
Au cours des prochains mois, L’atelier documentaire consacrera plusieurs dossiers à cette aventure exceptionnelle. Nous reviendrons notamment sur Les Amis de mes amis, Les Légendes du monde, Astro, le petit robot et plusieurs autres productions qui ont permis à des générations de jeunes de découvrir la richesse du monde… sans quitter leur salon.