Me no savey

En 1972, Me no savey révélait au public québécois les Hautes-Terres de Papouasie–Nouvelle-Guinée. Plus de cinquante ans plus tard, Via le Monde rouvre les archives de cette expédition pour retrouver les films, les photographies et les témoignages qui en perpétuent la mémoire.

PROJET VIA LE MONDE 60 ANS • DOSSIER EN PRÉPARATION

À la redécouverte d’une expédition qui a marqué l’histoire du documentaire québécois

Un événement médiatique

LE FILM ET SON ÉPOQUE

À travers plusieurs épisodes de Plein feux sur l’aventure, puis le long métrage Me no savey, Daniel Bertolino entraîne le public au cœur des Hautes-Terres papoues, à la rencontre de communautés vivant alors largement à l’écart du monde occidental.

Pour le Québec du début des années 1970, ces images représentent une véritable ouverture sur le monde. Diffusées en heure de grande écoute, elles font entrer dans les foyers les forêts tropicales, les villages isolés, les gestes du quotidien et les transformations profondes qui commencent à traverser les sociétés papoues.

Un papou sur TVHebdo

Plus d’un demi-siècle plus tard, cette aventure documentaire continue de susciter des questions. Que nous racontent aujourd’hui les photographies, les bobines originales, les carnets de tournage et les documents conservés par Via le Monde? Comment replacer ces images dans leur contexte de création et de diffusion?

C’est ce trésor documentaire que L’Actualité documentaire entreprend aujourd’hui de remettre en lumière.

Premières pistes

Retrouver les témoins de l’aventure

Depuis plusieurs mois, nous réunissons les pièces d’un immense puzzle.

Les films, bien sûr, mais aussi les archives photographiques, les documents de recherche, les scénarios, les carnets de terrain, les coupures de presse et les nombreuses entrevues accordées par Daniel Bertolino au fil des décennies.

Notre recherche nous conduit également vers celles et ceux qui ont participé à cette aventure ou qui en ont conservé la mémoire. Certaines rencontres récentes permettent déjà d’éclairer cette histoire sous un jour nouveau.

Parmi elles figure celle du père Sigouin, retrouvé par Grégoire Viau lors du tournage du documentaire Missionnaires. Grégoire Viau l’a alors interviewé avec Daniel Bertolino. Son témoignage apporte un regard profondément humain sur cette époque et sur les liens qui se sont tissés avec les communautés papoues.

D’autres pistes sont actuellement explorées, au Québec comme à l’étranger. Elles viendront compléter le travail principal : retrouver, identifier, contextualiser et mettre en valeur les documents qui entourent le film.

« J’aurais donné cinq ans de ma vie pour être cinq minutes dans la tête d’un Papou. »
— Le père Sigouin

Une œuvre qui n’a jamais cessé de vivre

UNE MÉMOIRE EN CIRCULATION

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Me no savey ne s’est pas arrêté à sa première diffusion.

Le film a poursuivi sa route à travers les conférences, les publications, les expositions, les restaurations d’archives et les nombreux entretiens dans lesquels Daniel Bertolino est revenu sur cette expédition fondatrice.

Cette histoire s’est également prolongée dans le livre Aho, au cœur du monde primitif, puis dans le film du même titre, dont la narration fut écrite par Georges Perec. Du reportage télévisuel au cinéma, du livre aux conférences, l’expédition a circulé entre les médias et rejoint plusieurs générations de spectateurs.

Au cours de sa carrière, Daniel Bertolino a accordé de nombreuses entrevues sur ces tournages et ses expéditions. Le futur dossier cherchera à retrouver et à rassembler ces archives dispersées, dont une entrevue accordée au regretté Franco Nuovo, parmi plusieurs autres témoignages médiatiques.

LES ARCHIVES EXPOSÉES

Au cœur de la Papouasie, au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges

L’exposition consacrée à cette aventure au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges constitue l’un des chapitres récents de cette histoire, mais certainement pas le dernier.

Photographies, objets, documents de tournage, extraits audiovisuels et souvenirs de l’expédition ont permis de faire sortir les archives de leurs boîtes et de les replacer devant le public.

Des images filmées dans l’exposition, des entretiens et des archives médiatiques permettront au futur reportage de montrer comment la mémoire de Me no savey s’est transformée et enrichie au fil des décennies.

LE CŒUR DU CHANTIER

Mettre au jour le trésor des archives

L’objectif n’est pas seulement de revenir sur les personnes filmées, même si la recherche de certains témoins ou de leurs proches pourra enrichir le dossier. Le travail principal consiste à réunir autour de Me no savey tout ce que l’œuvre a produit et laissé derrière elle.

Films, photographies, carnets, scénarios, documents de production, correspondances, objets, entrevues, coupures de presse et traces d’exposition forment un ensemble beaucoup plus vaste que le film seul. Leur numérisation, leur identification et leur mise en contexte permettront de comprendre comment l’expédition a été préparée, tournée, montée, racontée et reçue par le public québécois.

Le futur dossier cherchera ainsi à faire apparaître la richesse d’un fonds documentaire qui accompagne l’œuvre depuis plus d’un demi-siècle et qui continue aujourd’hui de révéler de nouvelles histoires.

PROCHAIN DOSSIER

Retour sur le trésor des archives de Papouasie–Nouvelle-Guinée

La prochaine grande enquête de L’Actualité documentaire racontera, à partir des archives de Via le Monde, l’histoire de cette expédition : sa préparation, les conditions du tournage, la réalisation du film, sa diffusion et sa réception médiatique.

Elle proposera également un résumé précis de Me no savey à partir de sa transcription intégrale, replacera le documentaire dans le contexte de sa création et suivra les multiples prolongements qu’il continue de susciter aujourd’hui.

Le reportage réunira films, photographies, documents de production, archives médiatiques, entretiens retrouvés et témoignages récents. Il cherchera aussi, lorsque cela sera possible, à retrouver des femmes et des hommes qui ont participé au premier tournage ou qui en ont conservé la mémoire.


Conclusion

Certaines œuvres ne vieillissent pas : elles continuent simplement de révéler de nouvelles histoires à celles et ceux qui prennent le temps de rouvrir les archives.

Projet Via le Monde 60 ans

Cet article s’inscrit dans le cadre du Projet Via le Monde 60 ans (1967–2027), une démarche de recherche consacrée à la redécouverte des œuvres, des archives et des témoignages qui constituent le patrimoine documentaire de Via le Monde.

Au jour le jour

Le billet de Catherine Viau

Pourquoi ouvrir aujourd’hui L’Atelier documentaire ? Je fais partie de l’équipe de Via le monde depuis 1983. Avant… j’étais spectatrice. J’ai rêvé pas mal devant

Témoins de connexion ( cookies)

Via le Monde utilise des témoins de connexion afin d'assurer le bon fonctionnement du site, d'améliorer votre expérience de navigation et d'obtenir des données anonymisées permettant d'en optimiser le contenu et les performances. Politique de confidentialité Politique sur les témoins de connexion