En 2024, Via le monde présente Amazonie, à la rencontre des gardiens et des gardiennes de la forêt, un long métrage documentaire réalisé par Santiago Bertolino.
À la fois essai politique, carnet de voyage et road movie documentaire, le film nous entraîne au cœur de l’Amazonie, là où se joue l’un des plus grands enjeux environnementaux et humains de notre époque : la défense de la forêt tropicale et des peuples qui l’habitent.
Remonter le plus grand fleuve du monde
Accompagné de Marie-Jo Béliveau, écologiste et ethnogéographe, Santiago Bertolino entreprend un voyage exceptionnel de près de 4 000 kilomètres, depuis l’embouchure du fleuve Amazone, au Brésil, jusqu’à l’une de ses sources, en Équateur.
Cette remontée du fleuve devient un fil conducteur pour comprendre un territoire immense, aussi fascinant que fragile.
À chaque étape, le réalisateur prend le temps de s’arrêter, d’écouter et de rencontrer celles et ceux qui vivent au plus près de la forêt.
Donner la parole aux gardiens de la forêt
L’Amazonie est souvent racontée à travers les chiffres de la déforestation, les incendies ou les bouleversements climatiques.
Le film choisit une autre perspective.
Il donne d’abord la parole aux femmes et aux hommes qui habitent ces territoires et qui refusent d’abandonner leur forêt.
Village après village, les témoignages se succèdent.
Les communautés racontent leurs luttes, leur mémoire, leurs inquiétudes, mais aussi les solutions qu’elles inventent pour préserver leur environnement et transmettre leur territoire aux générations futures.
Le documentaire révèle une Amazonie bien vivante, où la résistance s’organise au quotidien.
Entre beauté et urgence
Le film ne masque rien des profondes transformations qui bouleversent la région.
L’expansion des activités minières, de l’industrie forestière, de l’élevage intensif et des grands projets d’exploitation exerce une pression sans précédent sur les territoires amazoniens.
Les conséquences sociales, culturelles et environnementales sont considérables.
Pourtant, Amazonie, à la rencontre des gardiens et des gardiennes de la forêt refuse le fatalisme.
À travers les rencontres, le documentaire montre qu’il existe encore des femmes et des hommes déterminés à défendre leurs terres, leurs savoirs et leur manière d’habiter le monde.
Un cinéma de la rencontre
Fidèle à son approche documentaire, Santiago Bertolino privilégie le temps long.
Le voyage devient une méthode.
En remontant lentement le fleuve Amazone, le réalisateur laisse émerger les récits, les paysages et les émotions.
Cette approche donne au film une dimension profondément humaine.
Loin des discours théoriques, ce sont les habitants eux-mêmes qui racontent les réalités de leur territoire.
Dans la continuité de Via le monde
Depuis près de soixante ans, Via le monde documente les relations entre les peuples, les territoires et les grands enjeux du développement humain.
Avec Amazonie, à la rencontre des gardiens et des gardiennes de la forêt, cette tradition se poursuit en proposant un regard contemporain sur l’un des écosystèmes les plus précieux de la planète.
Le documentaire s’inscrit également dans une réflexion plus large menée par Via le monde sur les peuples autochtones, la protection des territoires, la biodiversité, les savoirs traditionnels et les défis environnementaux du XXIᵉ siècle.
Une invitation à écouter
Plus qu’un documentaire sur la déforestation, Amazonie, à la rencontre des gardiens et des gardiennes de la forêt est une rencontre avec celles et ceux qui continuent, malgré les menaces, à protéger l’un des plus grands patrimoines naturels de l’humanité.
En leur donnant la parole, Santiago Bertolino rappelle que l’avenir de l’Amazonie ne dépend pas uniquement des décisions politiques ou économiques, mais aussi de la capacité des communautés qui y vivent à transmettre leurs connaissances, leur culture et leur attachement profond à la forêt.
À travers ce voyage au fil de l’eau, le film nous invite à regarder l’Amazonie autrement : non comme un territoire lointain, mais comme un espace vivant où se joue une part essentielle de notre avenir commun.