Une série Via le Monde

Kamtchatka, Une forêt pour aujourd'hui et pour demain

1

épisodes de

47'50

Réalisation:
Grégoire Viau

2001

Résumé de la série

Une heure sur les forêts de Russie et du Kamtchatka dans le cadre d'une collaboration avec le Canada pour préserver cette merveille. Terminé en mai 2002. Pas présenté à aucune télévision. LE SUJET Sur le bord de la mer noire, aux pieds des majestueuses montagnes enneigées du Caucase, s’étend Sochi, plus long tissu urbain d’Europe. Dans cette ville ravissante, lieu de villégiature des anciens apparatchiki soviétiques, un groupe de scientifiques et d’experts s’est réuni. Ils sont russes et caucasiens. Mais il y a aussi des Canadiens. Le sujet de leur discussion : les aires naturelles protégées. Entre les discussions, notre groupe visite l’une des plus vieilles forêts d’Europe : 20 millions d’années. C’est un trésor universel. La Russie et le Canada ont beaucoup en commun : de vastes territoires, de grandes forêts publiques encore sauvages, un climat tempéré et une nature à sauvegarder. C’est cette cause qui réunit des Canadiens et des Russes, tous amoureux de la nature. Plusieurs d’entre eux sont biologistes. Mais l’équipe rassemble plusieurs autres champs de compétences : le droit, l’économie, la communication , les mathématiques, les relations publiques. Équipe petite mais qui s’est donnée une tâche de titans : protéger la forêt russe contre les assauts du développement économique débridé, de la pauvreté, de l’ignorance, de la cupidité, du tourisme et des stations de ski qui n’ont pas encore affligé les plus hautes montagnes d’Europe… La Russie est en voie de restructuration. Son passage vers l’économie de marché est en cours. Une toute nouvelle culture démocratique se met en place. Parmi tous les sujets brûlants qui occupent l’actualité russe, entre la Chéchénie toute proche, la corruption et la qualité de vie qui demeure précaire pour la majorité des Russes, quelques personnes travaillent d’arrache-pieds pour conserver à l’environnement une bonne place dans l’agenda national. La Russie abrite la plus grande forêt du monde. Elle appartient à l’État et elle est en bon état. C’est une très longue tradition que celle de la protection des forêts en Russie, qui date de bien avant la révolution bolchévique. Le mot zapovednik, qui désigne les aires protégées, est entré dans plusieurs autres langues. Avec les personnalités locales, nos experts doivent trouver des réponses à des questions importantes : qu’est-ce qu’une aire protégée? Comment préserver une nature qui est un trésor pour l’humanité toute entière ? *** Sur le bord du Golf de Finlande, sur la mer Baltique, s’étend Saint-Pétesbourg, Paris en Russie, et sa banlieue royale : Pouchkine, site du palais d’été de Catherine la Grande. Versailles greffé à la steppe nue, vestige de la toute puissance et de la mégalomanie des tsars. Un groupe de scientifiques, d’experts, de politiciens et de gestionnaires provenant des quatre coins de la Russie s’est réuni dans ce cadre historique. Il y a aussi des Canadiens. Sujet de leurs discussions : la participation du public dans la gestion des forêts. Sujet de la plus haute importance compte tenu de l’étendue de la forêt russe et de l’émergence démocratique. Présents aux discussions, un expert venu de l’ouest qui propose le modèle de son propre pays, la Suisse, à l’échelle russe; un vice-amiral, responsable de la flotte nucléaire de l’Est, député du Kamtchatka à la Douma de Moscou, et qui écoute, l’air martial dans son uniforme bardé de décorations; un jeune Canadien d’origine américaine, docteur en droit, qui parle du modèle canadien; des avocates provenant des communautés indigènes de Sibérie, qui parlent au nom de leurs peuples et de leur mode de vie traditionnel – et bien d’autres militants, journalistes et experts. Ici également nos participants doivent trouver des réponses à des questions importantes : pourquoi écouter la voix de la population en matière de gestion de l’environnement ? *** Sur le bord de l’océan pacifique, entre le détroit de Behring et les îles Sakhalin, s’étend la péninsule du Kamtchatka. Au centre du territoire, se dressent les baraques lugubres de Petropavlovsk, sa capitale, mais aussi des installations qui donnent froid dans le dos : la base militaire de la flotte nucléaire de l’Est. Depuis la révolution, cette péninsule, ce vaste territoire aussi grand que la Suède, est resté fermé en raison du secret militaire. Aujourd’hui la porte s’entr’ouvre au monde extérieur, laissant découvrir un paysage intact, grandiose, à couper le souffle. Dans ce décor où se cotoient une nature spectaculaire et une triste civilisation, des experts et des scientifiques se réunissent. Ils sont Russes et Canadiens. Le sujet de leur discussion : l’exploitation durable de l’une des plus belles forêts du monde, et la protection d’un parc inscrit à la liste de l’Unesco. L’exploitation durable, cela signifie rendre aux populations indigènes le fruit cette richesse, sans tuer la poule aux œufs d’or. C’est tout le marché des produits forestiers non ligneux, véritable manne pour les indigènes. Mais la manne est menacée par d’autres : le sous-sol de cette région n’a pas encore été retourné pour en extraire les riches minéraux qu’il contient. Des compagnies minières canadiennes, dont l’identité est secrète, s’intéressent à ces gisements, au mépris du paradis qui les abrite. Nouvelle économie oblige : un profit rapide vaut mieux qu’un héritage permanent. La corruption est dans l’air. * * * Sochi, Saint-Pétresbourg, Petropavslovsk. Protection, participation, développement économique. Une même toile de fond : l’un des poumons du monde, la forêt russe encore intacte sur d’inombrables hectares, mais menacées par les jeux de l’économie mondiale. Une histoire de coopération entre deux pays jadis rivaux, aujourd’hui amis, aux défis semblables. Mais aussi une belle histoire d’amitié entre des Russes et des Canadiens, entre des jeunes et des anciens, unis dans un même combat. Face à un ennemi invisible mais bien réel, leurs moyens sont modestes mais leur volonté est farouche. LE FILM En avril et en mai 2001, les productions Via le monde déléguaient en Russie le réalisateur Grégoire Viau pour assister au premier chapitre de cette histoire en compagnie de Danielle Cantin, de l’UICN Canada, chef d’un vaste projet de coopération sur la gestion des forêts russes. Avec Danielle, Grégoire a pu assister aux rencontres de Sochi et de Saint-Pétersbourg dont il a rapporté de nombreuses interviews et de saisissantes images. En août 2001, Via le monde souhaite expédier une équipe de tournage dans le Kamtchatka afin de couvrir la troisième composante, portant sur les produits non ligneux et compléter ainsi ce chapitre par un film d’une demi-heure.

Épisode

1

Une heure sur les forêts de Russie et du Kamtchatka dans le cadre d'une collaboration avec le Canada pour préserver cette merveille. Terminé en mai 2002. Pas présenté à aucune télévision.

LE SUJET
Sur le bord de la mer noire, aux pieds des majestueuses montagnes enneigées du Caucase, s’étend Sochi, plus long tissu urbain d’Europe.

Dans cette ville ravissante, lieu de villégiature des anciens apparatchiki soviétiques, un groupe de scientifiques et d’experts s’est réuni. Ils sont russes et caucasiens. Mais il y a aussi des Canadiens.

Le sujet de leur discussion : les aires naturelles protégées.

Entre les discussions, notre groupe visite l’une des plus vieilles forêts d’Europe : 20 millions d’années. C’est un trésor universel.

La Russie et le Canada ont beaucoup en commun : de vastes territoires, de grandes forêts publiques encore sauvages, un climat tempéré et une nature à sauvegarder.

C’est cette cause qui réunit des Canadiens et des Russes, tous amoureux de la nature. Plusieurs d’entre eux sont biologistes. Mais l’équipe rassemble plusieurs autres champs de compétences : le droit, l’économie, la communication , les mathématiques, les relations publiques.

Équipe petite mais qui s’est donnée une tâche de titans : protéger la forêt russe contre les assauts du développement économique débridé, de la pauvreté, de l’ignorance, de la cupidité, du tourisme et des stations de ski qui n’ont pas encore affligé les plus hautes montagnes d’Europe…

La Russie est en voie de restructuration. Son passage vers l’économie de marché est en cours. Une toute nouvelle culture démocratique se met en place. Parmi tous les sujets brûlants qui occupent l’actualité russe, entre la Chéchénie toute proche, la corruption et la qualité de vie qui demeure précaire pour la majorité des Russes, quelques personnes travaillent d’arrache-pieds pour conserver à l’environnement une bonne place dans l’agenda national.

La Russie abrite la plus grande forêt du monde. Elle appartient à l’État et elle est en bon état. C’est une très longue tradition que celle de la protection des forêts en Russie, qui date de bien avant la révolution bolchévique. Le mot zapovednik, qui désigne les aires protégées, est entré dans plusieurs autres langues.

Avec les personnalités locales, nos experts doivent trouver des réponses à des questions importantes : qu’est-ce qu’une aire protégée? Comment préserver une nature qui est un trésor pour l’humanité toute entière ?

***
Sur le bord du Golf de Finlande, sur la mer Baltique, s’étend Saint-Pétesbourg, Paris en Russie, et sa banlieue royale : Pouchkine, site du palais d’été de Catherine la Grande. Versailles greffé à la steppe nue, vestige de la toute puissance et de la mégalomanie des tsars.

Un groupe de scientifiques, d’experts, de politiciens et de gestionnaires provenant des quatre coins de la Russie s’est réuni dans ce cadre historique. Il y a aussi des Canadiens.

Sujet de leurs discussions : la participation du public dans la gestion des forêts.

Sujet de la plus haute importance compte tenu de l’étendue de la forêt russe et de l’émergence démocratique.

Présents aux discussions, un expert venu de l’ouest qui propose le modèle de son propre pays, la Suisse, à l’échelle russe; un vice-amiral, responsable de la flotte nucléaire de l’Est, député du Kamtchatka à la Douma de Moscou, et qui écoute, l’air martial dans son uniforme bardé de décorations; un jeune Canadien d’origine américaine, docteur en droit, qui parle du modèle canadien; des avocates provenant des communautés indigènes de Sibérie, qui parlent au nom de leurs peuples et de leur mode de vie traditionnel – et bien d’autres militants, journalistes et experts.

Ici également nos participants doivent trouver des réponses à des questions importantes : pourquoi écouter la voix de la population en matière de gestion de l’environnement ?

***
Sur le bord de l’océan pacifique, entre le détroit de Behring et les îles Sakhalin, s’étend la péninsule du Kamtchatka. Au centre du territoire, se dressent les baraques lugubres de Petropavlovsk, sa capitale, mais aussi des installations qui donnent froid dans le dos : la base militaire de la flotte nucléaire de l’Est.

Depuis la révolution, cette péninsule, ce vaste territoire aussi grand que la Suède, est resté fermé en raison du secret militaire.

Aujourd’hui la porte s’entr’ouvre au monde extérieur, laissant découvrir un paysage intact, grandiose, à couper le souffle.

Dans ce décor où se cotoient une nature spectaculaire et une triste civilisation, des experts et des scientifiques se réunissent. Ils sont Russes et Canadiens.

Le sujet de leur discussion : l’exploitation durable de l’une des plus belles forêts du monde, et la protection d’un parc inscrit à la liste de l’Unesco. L’exploitation durable, cela signifie rendre aux populations indigènes le fruit cette richesse, sans tuer la poule aux œufs d’or. C’est tout le marché des produits forestiers non ligneux, véritable manne pour les indigènes.

Mais la manne est menacée par d’autres : le sous-sol de cette région n’a pas encore été retourné pour en extraire les riches minéraux qu’il contient. Des compagnies minières canadiennes, dont l’identité est secrète, s’intéressent à ces gisements, au mépris du paradis qui les abrite. Nouvelle économie oblige : un profit rapide vaut mieux qu’un héritage permanent. La corruption est dans l’air.

*
* *
Sochi, Saint-Pétresbourg, Petropavslovsk.
Protection, participation, développement économique.
Une même toile de fond : l’un des poumons du monde, la forêt russe encore intacte sur d’inombrables hectares, mais menacées par les jeux de l’économie mondiale.
Une histoire de coopération entre deux pays jadis rivaux, aujourd’hui amis, aux défis semblables.

Mais aussi une belle histoire d’amitié entre des Russes et des Canadiens, entre des jeunes et des anciens, unis dans un même combat. Face à un ennemi invisible mais bien réel, leurs moyens sont modestes mais leur volonté est farouche.

LE FILM
En avril et en mai 2001, les productions Via le monde déléguaient en Russie le réalisateur Grégoire Viau pour assister au premier chapitre de cette histoire en compagnie de Danielle Cantin, de l’UICN Canada, chef d’un vaste projet de coopération sur la gestion des forêts russes. Avec Danielle, Grégoire a pu assister aux rencontres de Sochi et de Saint-Pétersbourg dont il a rapporté de nombreuses interviews et de saisissantes images.

En août 2001, Via le monde souhaite expédier une équipe de tournage dans le Kamtchatka afin de couvrir la troisième composante, portant sur les produits non ligneux et compléter ainsi ce chapitre par un film d’une demi-heure.